Les pollens volent, mais pas très loin

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Les pollens volent, mais pas très loin

Les pollens volent…

Bien sûr les pollens volent. C’est d’ailleurs le principe même des pollens anémophiles. C’est le nom que l’on donne aux pollens qui se déplacent grâce au vent, pour aller féconder les plantes un peu plus loin. Les pollens sont d’ailleurs des particules globalement légères, mais même si elles sont légères, ce sont des aérosols relativement gros, qui mesurent entre 20 et 50 micromètres pour la plupart.

Mais les pollens ne retombent pas très loin…

Des études menées depuis de nombreuses années démontrent que les pollens retombent quasiment tous à environ 10 kilomètres de leur source d’émission.

 

Plus précisément, 80% des pollens émis retombent à moins d’un kilomètre de l’endroit d’où ils décollent. !ensuite, près de 20% ont tendance à ne pas dépasser les 10 kilomètres. Evidemment, s’il y a un vent fort, les pollens qui se sont déjà déposés peuvent se resoulever et repartir un peu plus loin.

 

Quelques grains de pollens peuvent en effet parcourir des centaines de kilomètres lorsqu’ils parviennent à s’élever suffisamment haut, mais cela concerne une très faible proportion.  

Si les pollens ne volent pas si loin, que mesure-t-on ?

Lorsqu’on évoque une faible proportion, le mot est important. La proportion de pollens emmenée par le vent correspond à une toute petite fraction du pollen émis. Mais la nature est bien faite… Chaque plante émet des dizaines et même des centaines de millions de grains de pollens. Comme seulement une faible proportion de ces grains parcourt une longue distance, les plantes émettent des quantités très importantes de pollen pour maximiser ses chances d’atteindre une autre plante et ainsi parvenir à se reproduire.

 

Ce sont les allergiques qui pâtissent de ce système si bien fait. Même loin des sources d’émission, la quantité de pollen est souvent suffisante pour provoquer des symptômes allergiques. On peut facilement imaginer les difficultés rencontrées par les allergiques lorsqu’ils se trouvent à proximité d’une source d’émission… Et comme les allergies aux pollens touchent de plus en plus de personnes, on vient à parler d’épidémie silencieuse.

 

Les capteurs du réseau historique sont implantés loin des sources d’émission. Ils travaillent donc souvent sur cette partie infinitésimale de pollens transportés par le vent. C’est la raison pour laquelle il y a parfois un décalage entre les prévisions fournies par les organismes officiels et les ressentis des allergiques en fonction de là où ils se trouvent.

Qu'en disent les scientifiques ?

De plus en plus d’études tendent à dire que le réseau de monitoring historique est trop peu dense pour fournir des informations précises au niveau local. On peut par exemple citer l’étude du Docteur Daniel S. W. Katz, menée sur la ville de Detroit aux Etats-Unis, qui conclut qu’un seul capteur est insuffisant pour caractériser l’exposition quotidienne d’une population au sein de la ville. Ou encore, le travail réalisé par Letty de Weger, à Leiden, qui montre que des variations existent entre les mesures effectuées en hauteur ou au niveau du sol. Et c’est bien au niveau du sol que les pollens sont détectés le plus tôt, ce qui confirme que les pollens ne volent pas si bien !

Isabelle Muligo
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