A Blois, l’information pollen en temps réel rime avec smart city

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A Blois, l’information pollen en temps réel rime avec smart city

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Jean-Michel Bernabotto, Directeur de cabinet de Christophe Degruelle, le Président d’Agglopolys, la communauté d’agglomération de Blois (Loir-et-Cher). Ça fait maintenant 10 ans que je suis à ce poste. Initialement, j’ai une formation de Professeur de mathématiques en école d’ingénieurs.

J’ai personnellement un intérêt assez marqué pour tout ce qui est scientifique et en tant que Directeur de cabinet, je m’intéresse de très près à tout ce qui touche à la technologie. L’intérêt personnel se transforme en « Comment est-ce qu’on peut appliquer telle ou telle technologie dans la collectivité ? ».

C’est de cette façon que je suis naturellement devenu l’interlocuteur privilégié dans ma collectivité pour tout ce qui concerne les technologies Smart City, intelligence artificielle, open data et donc Lify Air pour les pollens. 

Pouvez-vous nous parler d'Agglopolys et de ses enjeux en matière d’environnement et de santé ?

Agglopolys, c’est un territoire de 110 000 habitants, répartis dans 43 communes, avec une ville centre, Blois, d’environ 48 000 habitants. Le Loir-et-Cher, c’est une zone plutôt rurale ; même si la ville centre et les communes de la première couronne sont urbaines, la moitié des communes du territoire ont moins de 1000 habitants.

 

Les préoccupations majeures sont celles d’une bonne gouvernance qui prend en compte cette hétérogénéité et qui permet à chacune des communes du bloc communal de se sentir concernée par les projets. Nous sommes là pour faciliter la collaboration et faire des choses, grâce à l’EPCI, que les communes seules ne pourraient pas faire. C’est le cas pour ce qui concerne l’Environnement avec le Plan Climat Air Energie Territoire (PCAET) ou le Plan Climat et Résilience, mais aussi pour ce qui concerne la santé.

 

Agglopolys adresse les problématiques de santé, notamment dans le contexte du vieillissement, à travers le Centre Intercommunal d’Action sociale (CIAS). Les gens qui vivent bien, qui mangent bien, qui sont dans un territoire où ils se sentent bien, ce sont des gens qui vont vivre plus facilement chez eux en autonomie, qui vont moins consommer de médicaments, etc. Toutes les actions de prévention mises en place pour favoriser ce bien vivre sont importantes.

 

Lify Air dans sa dimension préventive et non “curative” rentre totalement dans cette philosophie. C’est pour cette raison que Christophe Degruelle s’est intéressé à la solution. 

Comment vous avez connu la solution d’information pollinique de Lify Air ?

Agglopolys s’est intégré dans un projet porté par la Région Centre-Val de Loire. Jérôme Richard et Johann Lauthier, les fondateurs de Lify Air, ont réussi à convaincre François Bonneau, Président de Région, et Marc Gricourt, Vice-Président de Région et Maire de Blois, d’expérimenter la solution sur le territoire.

Quand le sujet nous est arrivé, nous avons souhaité participé car le projet touche à des problématiques multiples qui intéressent la collectivité : la pollution, le réchauffement climatique, la santé, mais aussi l’intelligence artificielle.

 

Au début de l’aventure, il y a plus d’un an, on parlait seulement d’expérimentation. Lify Air s’appuyait sur quelques études, mais rien n’avait été fait à grande échelle. Il fallait acquérir des données, améliorer les modèles.

 

Un an plus tard, Jérôme et Johann (ndlr les co-fondateurs) sont venus présenter un premier bilan de l’expérimentation en bureau communautaire d’Agglopolys, c’est-à-dire l’instance qui réunit l’exécutif communautaire et les 43 maires des communes. On a pu voir des effets positifs sur la connaissance des données polliniques, l’amélioration des modèles intelligents associés, une confirmation de l’intérêt de l’installation de capteurs en réseau et une optimisation de la répartition de ce réseau sur le territoire…

Quels sont les arguments qui ont convaincu les élus de mettre en œuvre la solution Lify Air ?

Avec le pollen, on parle de gens qui sont de plus en plus malades. On parle d’un problème avec des conséquences directes et d’une solution qui peut régler ce problème en le prévenant, plutôt qu’en le curant. Ce qui a convaincu, c’est vraiment le discours : « Essayons de faire en sorte que les gens se sentent mieux ». C’est toujours la problématique des élus : trouver des solutions à des problèmes, faire en sorte que nos concitoyens se sentent bien sur leur territoire.

 

Ensuite, la solution est plutôt moderne, intéressante sur le plan santé, mais aussi sur le plan scientifique. Elle est portée par de nombreux prix gagnés, par la confiance du ministère de la Recherche. On a en face des gens qui inspirent confiance. C’est très important.

 

Enfin, ce qui a convaincu c’est Jérôme (ndlr CEO et co-fondateur de Lify Air) ; le talent et la passion de quelqu’un qui est lui-même élu et qui comprend très bien les problématiques des territoires.

Quelles pouvaient être les éventuelles craintes au sein de la collectivité ?

La crainte des services est toujours la même : avoir une charge de travail supplémentaire. Des réunions ont été menées régulièrement avec Lify Air et les services se sont aperçus que la mise en œuvre de la solution Lify Air était simples : trouver des points où il y avait du courant et sélectionner les zones qui permettaient un accès facile. La transparence avec laquelle Lify Air a conduit le projet a beaucoup aidé à rassurer les services.

 

Les élus ont également souvent une crainte récurrente : le coût ! Ils sont sollicités en permanence pour financer des choses. Dans le cas de Lify Air, il n’y avait pas de crainte. C’était une expérimentation voulue et payée par la région.

 

Aujourd’hui, on choisit de la poursuivre en la finançant nous-même parce que nous sommes convaincus que ça peut apporter quelque chose à notre population

Quelle est la vision de l’intérêt et de l’enjeu de la donnée et de l’intelligence artificielle au sein d'Agglopolys ?

Même si on n’en a pas envie, le monde actuel nous rattrape. L’IA peut rendre des services aux gens ; les épauler sur des tâches fastidieuses ou auxquelles on n’avait pas pensé avant. Il ne faut pas le nier, mais il ne faut pas non plus se dire que la technologie va tout solutionner et s’appliquer à tout ! Il faut trouver la meilleure position du curseur.

 

L’enjeu au sein d’Agglopolys, aujourd’hui, c’est trouver des sujets précis qui vont nous aider à répondre à des questions concrètes. Par exemple, à travers le capteur de pollens, on adresse une question précise de santé.

Donc Lify Air et la mesure de pollens c’est un cas d’usage concret qui peut permettre d’ouvrir la porte à plus de Smart city ?

Exactement ! Avant ce projet, nous cherchions des cas d’usage qui allaient permettre de faire entrer l’IA dans la collectivité, mais ça ne marchait pas. Nous avons tenté avec le projet Lify Air parce que personne ne s’aperçoit qu’on parle d’IA. On parle de santé. On fait de l’IA sans le savoir.

 

Finalement, c’est une bonne leçon ! Il faut laisser pénétrer les choses par des cas d’usages très pragmatiques. C’est le fer de lance de quelque chose qu’on souhaite porter pour les 10 prochaines années maintenant.

Quels sont les points forts de la collaboration d'Agglopolys avec Lify Air ?

Le premier point fort, c’est évidemment répondre aux problèmes des allergiques avec une solution simple et concrète qui leur permette de se sentir mieux et d’avoir moins besoin de s’arrêter de travailler à cause de leurs allergies.

 

Ensuite, c’est apporter une solution dont on l’espère qu’elle rentrera dans notre PCAET.

 

Et puis enfin, on va pouvoir mettre les données à disposition de tous et de toutes. A travers notre portail open data, par exemple, les citoyens vont pouvoir faire émerger des idées, nous apporter des solutions auxquelles on n’avait pas pensé. On va pouvoir échanger avec eux sur ces idées, leur dire : « Essayez, essayons ensemble ! »

Dans l’idéal que permettrait de faire la solution Lify Air ?

Dans un premier temps, c’est montrer qu’on peut passer de l’expérimentation à la mise en production. Des expérimentations en matière d’IA, il y en a eu beaucoup, mais de l’industrialisation beaucoup moins. On veut montrer qu’on peut passer à l’étape supérieure.

 

Ensuite, c’est montrer qu’avec les citoyens, on peut mettre en œuvre des solutions au bénéfice de tous. A travers ces projets de co-construction, c’est montrer que chacun de nous sur le territoire – et bien au-delà d’Agglopolys – peut être acteur de la vie de la cité.

 

C’est aussi montrer qu’on n’a pas le droit – en tant qu’élu, mais aussi en tant que citoyen – d’écarter les idées qui ne nous intéressent pas à titre personnel ; si elles ne nous intéressent pas nous, elles peuvent en intéresser d’autres. C’est ce fourmillement d’idées qui va créer une émulation pour les autres.

 

Enfin, c’est montrer que la collectivité peut être un garant de ce que les solutions très technologiques, et qui font un peu peur, peuvent amener de bon pour la vie de chacun.

Un dernier mot ?

Ce dernier mot, c’est un mot d’espoir et de vigilance. La collectivité ne peut pas être bêta testeur de tout. Néanmoins, on a l’espoir de voir des solutions comme Lify Air émerger de plus en plus pour nous permettre de mieux vivre ensemble ! 

Isabelle Muligo
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