Le nombre d’allergiques aux pollens augmente… Mais pourquoi ?

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Le nombre d’allergiques aux pollens augmente… Mais pourquoi ?

L’allergie est aujourd’hui qualifiée « d’épidémie silencieuse» par les médecins allergologues et par les associations de patients allergiques. Plusieurs organismes professionnels et associatifs ont publié en avril un livre blanc nommé ainsi et ce terme est particulièrement bien choisi.

Une croissance exponentielle du nombre d’allergiques aux pollens en 50 ans

En effet, 25% de la population au moins (et jusqu’à 40% selon les études) est aujourd’hui touchée par une allergie respiratoire. Ils n’étaient que 3 à 7% d’allergiques dans les années 70. Et la proportion de personnes souffrant d’une allergie d’ici à 2050 montera à 50% d’après les travaux d’une chercheuse du CNRS. Alors certes, quand on sort d’une période de COVID, l’épidémie peut paraître se répandre doucement, mais c’est objectivement une croissance exponentielle du nombre d’allergiques à laquelle notre système de santé publique est confronté !

L’environnement cause de l’augmentation du nombre d’allergiques aux pollens

Mais pourquoi cette explosion du nombre d’allergiques ? Qu’est-ce qui provoque une sensibilité accrue de la population à cette pathologie alors que la population n’a jamais été aussi urbaine ? Les réponses sont à chercher principalement dans l’évolution de notre environnement de vie. 

Le réchauffement climatique : plus de pollens !

En effet, le réchauffement climatique est un facteur clé de l’augmentation des allergies. Tout d’abord, les migrations de certaines espèces de plantes font apparaître des espèces sur des territoires qui en étaient jusqu’alors préservés. Ainsi, l’ambroisie remonte vers le nord et le pollen émis par cette plante invasive est particulièrement allergisant. De plus, l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone dans l’air, « stimule » la photosynthèse. Ceci provoque une augmentation de la quantité des pollens dispersés dans l’air, voire des floraisons multiples de certaines variétés comme les graminées par exemple. 

La pollution augmente la sensibilités des allergiques

Par ailleurs, la pollution est un deuxième paramètre important de l’augmentation des réactions allergiques aux pollens. Là aussi, deux paramètres se cumulent. D’une part, les irritations des muqueuses (gorge, nez, yeux) déjà présentes en raison de la pollution augmentent la sensibilité aux pollens, ce qui favorise l’apparition des symptômes. D’autre part, la pollution, et notamment les gaz tels que les oxydes d’azote ou de souffre, rendent perméable la membrane des pollens qui emprisonne les protéines allergènes. Du coup, ces protéines sont relâchées directement dans l’atmosphère, et vont pénétrer plus en profondeur dans le système immunitaire de l’allergique car elles sont de très petite taille (environ 2 micromètres contre 20 micromètres en moyenne pour les grains de pollens). Enfin, ces particules de pollens peuvent venir se coller sur les particules fines de pollution, et être transportées par celles-ci. Ces processus sont insidieux, mais malheureusement pour les allergiques, très efficaces  ! 

La génétique et les allergies

Ajoutons à ceci l’atopie, c’est-à-dire le fait qu’il existe un caractère héréditaire à l’allergie. Un enfant a seulement 10% de probabilité d’être allergique alors que ses deux parents ne le sont pas. Son risque grimpe à 30 à 50% avec un seul parent allergique. Et il explose jusqu’à 50 à 80% si les deux parents sont allergiques… 

Isabelle Muligo
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